dimanche 8 novembre 2026
Bonjour, Heureuse de vous retrouver pour ce nouvel atelier d'écriture. La mise en page n'est pas respecté . C'est un casse tête pour moi assez décourageant.Le tableau que j'ai choisi est dans les anciens messages. Pour une lecture plus agréable je vais envoyer mon texte par mail. Vraiment désolée. Bon dimanche Nadera
Prologue Tamara
Je suis dans le train , j’ai pris juste mon sac et un livre.
Un aller simple avec un retour incertain pour un voyage intérieur. Objectif : surmonter ma crise existentielle.
Ma règle : sortir, fuir face au chao interne. Même pour un temps déterminé prendre du recul même pour un jour . Le livre que je prends est toujours le même . Qui suis-je , je ne l’ai jamais lu.
Je m’ accroche au titre et j’imagine la suite là maintenant car il y’a urgence. Je sens que je dois impérativement décoller dans ma nouvelle vie.
Je ferme les yeux « « silence je passe en revue les pages de mon existence depuis la table de mes 40 ans.
Je suis l’héroïne de ma vie :Tamara Spencer coiffeuse dévouée durant vingt ans employée modèle. Toujours présente serviable disponible et du jour au lendemain licenciée .
Licenciée MOI !Pourtant le salon de coiffure est bien situé, la clientèle est fidèle le chiffre d’affaires est excellent ! Pourquoi ce licenciement ? Je relis les pages de mon livre de vie à la recherche d’un faux pas, d’une maladresse. Le goût de la culpabilité m’envahit. Pourquoi ce licenciement ? Réponse changement de direction . Sans aucune autre explication. Et alors ? Mon cerveau n’encode pas il manque des données. Je me concentre à nouveau. Une page attire mon attention le jour où je suis retournée au salon pour chercher mes affaires. Déclic ! Je comprends. Je n’ai pas vu le temps passé. Je pensais que mon expérience ,mon savoir être et faire étaient des atouts , que je finirais ma carrière dans le salon TOUT POUR VOUS et in fine rien pour moi !
Je sens mes larmes coulées le long des joues attention pas sur mon livre. J’ étais la meilleure coiffeuse du quartier. Mon lien avec la clientèle était mon point fort nous étions comme une famille . Avec le temps les clientes les plus fidèles sont mortes : Fabiola, Bernadette, Elisabeth, Diana, Margaret toutes mortes il n’en reste qu’une Brigitte.
Je tourne les pages j’arrive au point de bascule Mélania ! Un canon de beauté venue comme simple cliente dans un premier temps . Elle m’a ensuite envoyé sa fille que j’ai formé comme apprentie et quelques-unes de ses amies.
Peu à peu le climat familial à chan+ger. Le salon est devenu branché . J’ai suivi la tendance sur le plan technique mais je n’ai pas changé physiquement. Je vieilli bien mais la clientèle a rajeuni tout mon environnement a d’ailleurs rajeuni sauf moi. Les sujets de conversation sont devenus de plus difficiles je n’ai pas suivi le monde des jeunes je suis restée la même c’est-à-dire MOI . Je ressens encore le coup de la surprise lorsque j’ai appris que le salon a été vendu à Mélania. Et le sentiment de trahison quand j’ai découvert que la direction c’est elle ! Le salon continue de marcher avec plus de rentabilité . Les jeunes que j’ai formés ont pris ma place oui je travaillais pour deux. Mais le salon a perdu son âme. Ce n’est plus un lieu d’échange et de sociabilité les écrans sont partout , le temps est chronométré . Les clientes ne sont plus les mêmes . Personne ne connaît plus personne. Les conversations se sont appauvries on doit faire attention à tout . Les clientes sont devenues de simples têtes à coiffer, des chevelures, des colorations, des permanentes, des extensions . Je n’avais plus le profil ni le look pour rester. Oui, l’univers de ce nouveau public n’est plus le mien. J’ ai fait de la résistance pour les faux cils , les faux ongles, les tatouages, le maquillage permanents, le piercing. Il ne me reste plus que Brigitte de cet ancien monde. Je me dirige chez elle à Montpellier mais c’est le trajet du voyage dont j’ai le plus besoin maintenant car je suis quelque part et nulle part . Elle a repris la maison d’hôte de son frère décédé.
Je dois faire le deuil de qui j’ai été . Il me reste encore de l’encre pour écrire sur les quelques pages qui me restent à vivre. Je voudrais les écrire avec une ancre colorée.
- Bonjour Madame, Contrôle ticket. Madame?
- -Oui pardon , je me suis assoupi . Voilà.
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