lundi 23 février 2026

Vert vers l'espoir

Maman: Tu ne vas pas me faire des histoires à chaque fois que tu tombes sur cette photo! Océane: C'est simplement que c'est plus fort que moi. J'ai vraiment cru que mamie allait mourir pendant que tu t’amusais au château. Maman: Je comprends . Heureusement tout s'est bien passé et c'est l'essentiel. Océane: Oui , mais j'avais besoin que tu sois là . J'ai paniqué, je t'ai téléphoné au moins 20 fois. Maman: Écoute on ne va pas se disputer une fois de plus sur ce qui s'est passé. Ma présence n'aurait rien changé . Le médecin est venu et tout est rentré dans l’ordre. Océane: Oui mais... Maman: Oui mais NON! Je travaille dur dans cette boîte depuis des années et pour les 10ans de l'entreprise un Tea building a été organisé . Dans un château prestigieux avec tout le faste qui nous est inaccessible. Pas question de rater cette opportunité. Inutile de me culpabiliser. Océane: Oui, d'accord mais ce n'est pas la première fois, c'est pareil quand tu voyages ou que tu prends du temps pour toi. En fait tu es rarement disponible! Maman: Je suis obligée de mettre des limites. Océane: Mais pas avec ta mère et ta fille! Maman: J'ai besoin de ces bouffées d'oxygène et je dois être déconnectée pour en profiter pleinement. J'ai le droit ma chérie de décrocher de temps en temps. Océane : Tu n’es même pas accrochée ! Maman: Je t'interdis de me juger sans savoir ! Océane: Savoir quoi? Maman: Ma fille, il est temps d'éliminer tes vieilles rancœurs. Ne te comporte pas comme une victime, cela m'est insupportable! Mon travail me pèse et devient de plus en plus lourd. Crois-moi cette magnifique journée au château avec mes collègues je l'ai bien mérité. Ce chapitre est clos! C'est clair? Océane: Maman est-ce que tu m'aimes? Maman: En voilà une question! Tu insinues que je ne t'aime pas? Océane: Tu ne réponds pas à la question. 11111111111111111111111111111111 -Moi Océane, je suis d'accord de dire que ce n'est pas parce qu'on parle seul qu'on perd la tête. Je m'imagine sur une scène devant un public attentif et on me donne la parole. J'entends à TOI: J'en ai des frissons. Il me faut un micro ou ma bouteille d'eau fera l'affaire. Concentration allez Océane parle : Je me sens confuse , troublée . Je suis . J'existe un jour on me regardera. Mais en attendant je me sens vide perdue. Un vide qui ne demande qu'à être rempli mais pas de n'importe quoi. Oui j'ai mes exigences ! Je veux de la vie , du beau ,de l'authentique qui me connecte à quelque chose de fantastique. Je veux vibrer haut tellement haut que j'aurai le recul suffisant pour voir un monde que je ne connais pas encore celui de l’amitié, de l’aventure du théâtre. Un monde de rire et de joie. Si Maman m'entends j'imagine qu'elle va appeler un psychologue à la rescousse pour sauver sa fille chérie. 11111111111111111111111111111111 Cher journal aujourd'hui maman m'a offert un cadeau. Je l'ai trouvé ce matin sur la table de la salle à manger avec ce mot : Ma chérie je t'aime ne doute jamais de mon amour pour toi . Je l'ai déballé et après j'ai pleuré. C'est un sac d'Yves Saint Laurent .J'en rêvais. il est grand comme celui de Mary Poppins pour mes souvenirs nostalgiques .Bleu océan je peux toucher la MER .Sa texture est douce , enfin quelque chose de réconfortant . Il est onéreux peut-être qu'on mangera des pâtes le mois prochain? Je ressens de la joie. J'invoque avec le cœur son amour. Je lève la tête et oui c'est ça, j'aperçois un début de lumière, un début d'espoir. Peut-être que maman m’aime vraiment ?

5 commentaires:

Jan M. a dit…

Bonjour Nadera,
Enfin la discussion que nous attendions entre Océane et sa mère !
Discussion qui doit avoir lieu dans de nombreuses familles et qui sonne tellement juste.
On devine les fêlures de la mère et Océane exprime les désirs confus de l'adolescence esseulée, du moins pas entourée comme elle le rêve...
J'aime aussi particulièrement la réaction enfantine, dérisoire d'Océane devant le sac hors de prix... Illusion, illusion, on ne rachète pas une absence par un cadeau (de plus, n'est-ce pas un faux ?)....
Et si Océane parvenait à vraiment déciller les yeux de sa mère et lui faire admettre qu'elle mène une vie de bâton de chaise... Cette mère n'est-elle pas, en fin de compte, une "demi-mondaine" comme on disait au début du siècle dernier ?
Ce texte est captivant, juste, touchant.
Encore, encore !
Bien à toi,
Jan.

Danièle a dit…

Bonjour Nadera.
Un dialogue qui force à la réflexion. Deux univers s’affrontent. L’adolescente en quête d’absolu, de vrai, de reconnaissance, d’amour et celui de la mère en quête de reconnaissance dans son travail, de temps pour elle. Doit-elle pour cela en délaisser sa famille ? Cette dernière ne pourrait-elle pas être aussi un lieu de ressourcement ? Je pense que tu pointes une difficulté de notre époque : la revendication de temps pour soi, pour le travail, pour la famille, pour le couple (même si tu ne l’évoques pas. Mais comment faire pour satisfaire tous ces pôles ? Les journées n’ont que 24H.
Et le cadeau, peut-il remplacer la présence de la maman ? En tous cas, celle-ci sait ce qui peut faire plaisir à sa fille. Mais un cadeau ouvert sans la présence de cette dernière, à nouveau…
Malgré tout, si un événement fortuit pouvait éloigner la maman de son travail, comment celle-ci réagirait-elle ? Prendrait-elle conscience de l’importance de sa famille ? Sombrerait-elle dans la dépression ? Ou dans l’hyper activité pour en retrouver un autre ?
Au plaisir de te lire
Danièle

Michel M. a dit…

Bonjour Nadera,
Un dialogue très vraisemblable et qui oppose deux générations, deux regards sur une vie qui aurait dû être commune...
Deux manières aussi de réagir face à leur problème : offrir un cadeau pour la mère, réagir plus affectivement pour la fille.
Malgré tout, peuvent-elles encore se rapprocher vraiment et oublier leur passé dissocié ?
Merci pour ce beau texte captivant et sensible. Pour avoir créé un joli personnage avec Océane.
J'attends avec impatience la suite de ton histoire.
Bien à toi,
Michel.

Nadera C. a dit…

osé V.
Bonjour Nadera,
Ton chapitre est déroutant. Océane doute de l'amour de sa mère et cela la fait souffrir, la perturbe.
Sa maman semble avoir besoin de respirer entre sa propre mère vieillissante et sa fille qui exige et attend beaucoup d'elle.
Et si malgré toutes ces incompréhensions, ces malentendus, mère et fille parvenaient à se comprendre. La grand-mère d'Océane pourrait être ce lien entre elles qui les rapprocheraient au lieu de le diviser.
L'avenir nous le dira.
Amitiés,
José
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Liliane W. a dit…

Bonjour Nadera,
Un texte fort et émouvant qui alterne dialogue et monologue, avec un style d’écriture très différent et tout à fait adapté.
Le dialogue avec la mère est percutant. « J’ai adoré « Tu n’es même pas accrochée ! »
Ceci dit, l’argumentation de la mère ne me paraît pas tout à fait convaincante, en dépit du contexte actuel qui justifie ce besoin de décompresser. J’ai cependant l’impression que ce besoin d’évasion cache quelque chose, mais c’est peut-être voulu. Nous le saurons plus tard.
Quant à l’épisode du sac, il est d’une parfaite ambiguïté. S‘il est vrai qu’un cadeau même coûteux ne remplace pas le manque d’amour, le fait qu’il réponde à un réel désir d’Océane prouve que sa mère lui porte tout de même une certaine attention. De ce fait, il suscite dans l’esprit d’Océane une question essentielle, qui évoque un espoir. Sera-t-il déçu ? A toi de voir ?
Dans ton prochain texte, sous le signe du blanc, un outil ou une pièce de vaisselle sera à mettre en relation avec une « première fois ».
Bon travail,

Océane « Treize comme vendredi 13, cela tourne en boucle dans ma tête. Pourquoi aujourd’hui ?Pourquoi maintenant ? Mamie pensait bien faire ...