lundi 2 février 2026

1111111111111111111111111111111111111 Océane : Oh que ça sent bon ! Je n’ai jamais vu autant de muguet de ma vie. Mais c’est ton parfum Mamie. Mamie : Oui Je me parfume au muguet toute l’année et j’arrête à la saison du muguet Et cette année Mère nature a été particulièrement généreuse Je suis tellement heureuse de partager ça avec toi. Océane : Merci ! Merci ! Quand j’ai vu tous ces muguets j’ai eu l’impression de loin de voir des flocons de neige. C’est magique ! Mamie : N’est-ce pas. Bon maintenant on va passer à la deuxième étape. Océane : C’est quoi ? Mamie : On va préparer le muguet à la vente. Tu observes d’abord et ensuite si tu veux-tu pourras m’aider. C’est une tige de muguet et deux feuilles le tout enveloppé de papier cellophane et voilà. Océane : Oui oui je peux le faire. Mamie : Tant mieux cela ira plus vite. C’est Christiane qui va être contente. Océane : Ton amie fleuriste ? Mamie : Oui Océane : Tu vas les vendre alors ? Mamie : Oui, c’est la seule fois de l’année où j’ai la possibilité d’avoir un petit revenu et j’y tiens. Océane : Pourquoi ? Mamie : Cela me permet de gâter ceux que j’aime. Bon tu es prête on commence ? Océane : Oui Mamie : J’ai préparé le papier cellophane, le collant et tout ce qu’il faut pour avoir 3 corbeilles. Tu verras demain premier mai tout sera vendu. Océane : Tu fais ça depuis longtemps ? Mamie : Christiane et moi nous vendons du muguet depuis nos quinze ans. Et on a toujours été fidèle à cette tradition. C’est le seul moment de l’année ou l’on se retrouve. Ce jour-là je retrouve mes souvenirs d’ado et j'ai toujours l’impression d’avoir quinze ans.Je lui donne aussi un coup de main dans le magasin et on termine la soirée au resto. Océane : Oh c’est chouette ! Mamie : Oui, c’est une journée où je fais le plein d’énergie grâce aux fleurs et aux belles rencontres avec les clients. Océane : C’est une journée importante pour toi. Et moi ? Je serai avec vous demain aussi ? Mamie : Ta maman viendra te chercher ce soir. Elle ne t'a rien dit ? Océane : Non. Mais peut-être qu’elle va tél pour dire qu’elle est empêchée par son travail comme d’habitude mais cette fois je ne serai pas déçue. Mamie : Je comprends Mais quoiqu’il en soit demain sera une belle journée. 33333333333333333333333333333333333333333333333333333 Océane : J’étouffe ! Je n’en peux plus ! Tout le monde autour de moi semble si occupée. A qui me confier ? Maman, tu n’es jamais disponible pour moi. Je suis ta fille mais dans les faits il n’en est rien ! Tes sourires sont faux. Tes paroles sont superficielles. D’ailleurs on n’a jamais rien à se dire. Ton regard est parfois si glacial j’en ai la chair de poule. Je n’ai jamais connu le pays de tes bras. Je n’ai jamais senti le réconfort de ta présence. Je sais et je sens bien que je ne compte pas vraiment pour toi. Tes cadeaux et tes excuses ne m’affectent plus. Tu es une mère fantôme. Tu n’as même pas pleuré pour ta propre mère, tu ne pleureras pas pour ta fille aussi. Si je sors de ta vie je serai un poids en moi pour toi. Soleil tu te couches. Tu te lèveras demain comme d’habitude mais sans moi. Allez Océane ouvre la fenêtre et libère-toi pour toujours ! Stop! Oh mon Dieu ce parfum de muguet ! Mais il n’ya pas de muguet dans la chambre et je ne me parfume pas ! Mamie ! Je sens ta présence. Est-ce possible ? Ferme cette fenêtre immédiatement ! Cette voix dans ma tête c’est la mienne où la tienne ? Ferme cette fenêtre immédiatement ! Il fait froid. Ouï Mamie tout de suite. Oh mon Dieu je ne sais plus ce que je fais. Mais ce parfum de muguet me réchauffe le cœur. Mamie tu viens de me sauver la vie. Merci

5 commentaires:

Danièle a dit…

Bonjour Nadera.
Encore des dialogues poignants. Un contraste bien joué entre un dialogue entre Océane et sa grand-mère du temps de leur complicité heureuse et un monologue suicidaire d’une ado emprisonnée dans sa solitude. Heureusement, le souvenir de la voix et du parfum de sa grand-mère l’empêche de passer à l’acte. Et si, sa mère avait été plus présente, comment aurait évoluer Océane ? Qu’aurait trouver cette jeune fille pour cristalliser la rébellion de l’adolescence ?

José V. a dit…

Bonjour Nadera,
Toujours cette douceur et cette nostalgie. Les souvenirs d'une grand-mère aimante et douce contrastant avec ceux d'une mère absente.
Et si l'absence de la mère était due au fait qu'elle soit morte jeune, chose qu'Océane ne peut accepter, intégrer ?
ET en finale l'amour (son sentiment) qui sauve du désespoir, du geste fatidique.
Quel sera l'avenir d'Océane ?
Au plaisir de te lire,
José

Jan M. a dit…

Bonjour Nadera,
Quel texte touchant, sensible ans mièvrerie.
Souvenir d'instants heureux avec Mamie délicatement évoquée puis un moment de désespoir qui aurait pu déboucher sur un drame s'il n'a avait pas eu cette voix, ce nouveau souvenir d'une Mamie bienveillante.
On ne peut que compatir avec cette Océane fragile et tellement en demande d'une affection maternelle.
Et si un message de la maman qui a refait sa vie, venait bouleverser une Océane définitivement rejetée ?
A quand quelques lignes de pur bonheur, sans nostalgie ?
Bien à toi,
Jan.

Michel M. a dit…

Bonjour Nadera,
Jan me fait remarquer que mes trois partenaires de groupe traitent d'un même thème, l'absence ou l'impossibilité de communiquer avec un être cher...
Pour ma part, je trouve que cela est captivant et plein d'enseignement.
Ton personnage ne déroge donc pas à cette caractéristique.
Sa fragilité et le rapport à la Mamie sont tellement émouvants qu'on est captivés et que l'on souhaite apprendre rapidement comment Océane va évoluer...
Et si elle passait maintenant par un stade punk ou gotik à cause ou grâce à la rencontre d'un jeune mec ?
Amicalement,
Michel.

Liliane W. a dit…

Bonjour Nadera,

De l’émotion, mais sans sensiblerie, de la tendresse et de la légèreté. Merci pour ce savoureux cocktail !
Un texte en deux parties : un dialogue tendre et léger entre Océane et Mamie et un monologue intérieur violent et tragique d’Océane qui révèle toute sa souffrance de ne pas avoir réussi à créer un lien avec sa mère. Tu utilises habilement le parfum du muguet comme fil conducteur entre les deux épisodes et on retrouve la touche d’irrationnel magique qui t’est familière et qui est tout à fait bienvenue dans la mesure où même un esprit très/trop rationnel peut y trouver son compte en décidant que le parfum salvateur et l’incitation sont seulement le produit de l’instinct de vie d’Océane puisqu’elle-même se pose la question. De toutes façons, magique ou non c’est bien le souvenir de s Mamie qui retient Océane au bord du suicide.

Un détail : « C’est le seul moment de l’année ou l’on se retrouve. »
Cette phrase me semble inutile dans la mesure où le fait que Mamie ne retrouve son amie qu’un fois par an n’apporte rien au texte. Je la supprimerais et par la même occasion la répétition de « retrouve ».
Dans ton prochain texte, sous le signe du vert une photo sera associée à une dispute.
Bon travail,
Liliane

Maman : C’est au sujet de ma fille. J’ai toujours veillé à ce qu’elle ne manque de rien sur le plan matériel. Mais pratiquement c’est ma m...